Grain de Selle

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3 mai 1981 - Naissance d'un cyclo-voyageur

Maternité de Mayenne. Au petit matin d'une belle journée du mois de mai 1981, je décide de sortir, tête la première, à la découverte du monde extérieur. Neuf mois à l'intérieur, à visiter tous les recoins, je commençais à tourner en rond.

Je serpente tranquillement, allongé sur le ventre. Je file à quatre pattes. Jusqu'à mes premiers pas mes moyens de locomotion sont certes limités mais me permettent déjà de traverser l'interminable désert oriental du tapis afghan du salon ou d'exécuter l'ascension périlleuse de la face nord de la chaise de la cuisine. Quand j'arrive à tenir sur mes deux jambes, une inusable locomotive à roulettes, mue par d'énergiques poussées de gambettes et dirigeable par son volant à klaxon « pouët-pouët », m'accompagne lors des promenades familiales. Le paysagiste du parc du Château d'Amboise aurait tenu ces propos, passés depuis à la postérité : « Là où sa locomotive passe, l'herbe ne repousse pas ! »

Pour mon deuxième printemps, j'hérite de mon premier vélo : un beau vélo rouge. Sa selle blanche au confort spartiate est assortie aux pneus. Un unique frein à la droite du cintre permet de stopper l'indomptable monture. Ses garde-boue en inox et ses pièces de caoutchouc imitation fourche à suspension sont du plus bel effet : la machine idéale pour partir à la conquête de l'Ouest du pâté de maisons. Hâtivement, j'effectue mes premiers essais sans roulettes. Premiers tours de roues et premières chutes. Tel Bucéphale, ce vélo ne se laisse pas monter impunément. Abnégation et persévérance viendront à bout de la bécane. Enfin en équilibre sur mes deux roues, empli de fierté et de joie, je m'évade, le regard porté au loin entre ciel et terre. « À table ! » Le retour à la réalité est brutal. Demain, je repartirai.

La selle est remontée au plus haut, mes genoux frôlent mon menton à chaque coup de pédale : je ressemble à un crapaud. Pour mes quatre ans, je reçois donc un nouveau vélo : bleu. Ses protections en mousse sur la partie supérieure du cadre et sur le cintre engagent à la prise de risque. Téméraire, je lâche une main du guidon puis bientôt les deux. Une planche de bois posée sur un rondin de chêne se transforme en un tremplin sensationnel. Quelques coups de pédales pour s'élancer et je m'envole vers de nouvelles aventures. Après l'école, j'enfourche mon palefroi pour rejoindre mes copains pour des parties de ballon ou de cache-cache. À Château-Gontier, du Parc Saint-Fiacre au Jardin du Bout du Monde, j'appuie de plus en plus fort sur les pédales de mon destrier dans ces nouveaux terrains de jeux conquis.

Quelques mois avant mon entrée en sixième, je découvre mon troisième vélo. Le cadre acier d'un violet éclatant et la fourche turquoise caractérisent son époque. Un compteur à aiguille orne le guidon. D'étranges manettes sont greffées sur le cintre. Je vais rapidement découvrir leur utilité et l'agrément que procurent les 18 vitesses de ce vélo de grand. Qu'il pleuve, qu'il vente et surtout qu'il neige, c'est en vélo que je prends le chemin du collège puis du lycée. Au retour, il me faut gravir les quatre-vingts mètres d'altitude du point culminant de la ville qui mènent à la maison, au bout du chemin d'Yvano. Le week-end, je sillonne seul les routes bucoliques du Haut-Anjou. Au cours de ces échappées naît en moi l'idée d'un premier voyage itinérant. Seize ans. Deux sacoches et un baluchon solidement arrimés à mon porte-bagages, me voilà parti de l'Ile-Tudy, au sud du Finistère, en cette fin de mois d'août décidé à rentrer à la maison, au sud de la Mayenne, par la seule force de mes mollets. Quatre jours plus tard, le sentiment du devoir accompli je conclus ce périple minutieusement préparé. En Première, je consigne quotidiennement, dans un petit carnet, les temps réalisés pour le trajet du matin et pour celui du soir. En Terminale, mon vélo me soupçonne d'infidélité. Après avoir soigneusement redonné vie à un amas de métal poussiéreux, je me déplace en Vélosolex S3800, « deux-chevaux » des cyclomoteurs pour les uns, « la bicyclette qui roule toute seule » pour les autres. Je vous laisse juge ! Étudiant en sciences des activités physiques et sportives à la faculté du Mans, c'est de nouveau avec ma monture violette que je relie l'appartement à l'université. Avec trois amis fraîchement licenciés nous profitons de nos premières semaines de vacances pour rejoindre la station balnéaire de Lacanau en Gironde. L'intégralité du parcours se fera pédales aux pieds, bien entendu ! Aujourd'hui encore, bien qu'il ne lui reste que très peu de pièces d'origine, c'est avec ce vélo teinté de rouille, que je pars de Locmaria, berceau de Quimper, chercher mon poisson frais aux Halles.

Arrivé à Quimper pour mes études, après l'acquisition d'un vélo adéquat, je roule le dimanche matin au sein du club de Cyclo-Randonneurs de Quimper Cornouaille. C'est en peloton serré que je parcours les routes de la région. Prendre des relais par fort vent de face, se mettre en danseuse pour rattraper mes équipiers après une pause impromptue, profiter pleinement d'une halte tant attendue, je découvre les joies des sorties en groupe. Aguerri par deux années de pratique, je songe alors à une escapade plus ambitieuse. À l'été 2006, parti de Quimper, je suis les méandres du canal de Nantes à Brest puis je remonte la Loire jusqu'à sa source avant de traverser les Alpes pour rejoindre la plaine du Pô en Italie. Après un détour en Slovénie, je longe la côte Croate jusqu'à son extrémité sud, passant d'île en île, pour m'arrêter quelques jours à Dubrovnik avant de rentrer en avion. Le poids de mes quatre sacoches aura raison de la piètre qualité de mes roues. Huit rayons cassés en quarante jours. J'en connais alors un rayon sur le dévoilage d'une roue. L'année suivante, des amis cyclistes m'embarquent sur les brevets qualificatifs du Paris-Brest-Paris, Graal du cyclotouriste. Deux cents, trois cents, quatre cents et jusqu'à six cents kilomètres, je vais valider un par un chacun de ces brevets. Dans la foulée, je réalise une traversée des Pyrénées d'Ouest en Est, de l'Atlantique à la Méditerranée, d'Hendaye à Cerbère. Aubisque, Tourmalet, huit jours à gravir les cols mythiques de cette chaîne montagneuse.

Avec mes premiers salaires de maître-nageur, je m'offre mon premier vélo de course. Rapide comme l'éclair, léger comme l'air, il a fière allure. Un nouveau défi se profile au sein de notre troupe de pédaleurs du dimanche : une diagonale. Il s'agit de relier à vélo deux sommets non consécutifs de notre Hexagone dans un temps imparti. Rassasié par un goûter, nous quittons Brest un mercredi pour rallier Perpignan le samedi peu avant minuit, éreintés par soixante-dix-neuf heures de labeur.

Je me penche actuellement sur l'assemblage d'un vélo de grande randonnée. Robuste, il doit être capable de m'emmener sur toutes les pistes du monde sans sourciller.

Arriverai-je un jour à combler mon grain de selle, de folie diront certains ?




1er juillet 2010 - L'itinéraire envisagé

Si l'administration russe me le permet, j'envisage de promener mon grain de selle de Quimper à Moscou via Paris, Bruxelles, Berlin, Gdansk, Kaliningrad, Klaipeda, Riga, Tallin et Saint-Petersbourg.

1er juillet 2010 - A l'affiche

Affiche

A l'affiche cet l'été, à partir du samedi 3 juillet, dans toutes les bonnes salles.

Tout au long d'un été forcément ensoleillé, un vélo, enjoué malgré le poids de ses bagages et le peu d'égards de son propriétaire, traverse l'Europe d'Ouest en Est. De l'action, du rire, de l'aventure, de l'émotion : un appel au voyage. Une production des studios Grain de Selle, en cinémascope colorisé, sur votre écran d'ordinateur.

1er juillet 2010 - Le fidèle destrier

levelo

Carte d'identité

Nom : MBK

Prénom : Océo
Date et lieu de naissance : 16/06/2005 à Quimper
Taille : 21"
Poids : 12,400 kg

Roue avant : Mavic Cosmos

Roue arrière : Mavic Ksyrium Equipe
Pneux : Schwalbe Marathon Plus 700x28
Transmission : un subtil mélange Shimano (Tiagra, Déore, LX)
Porte-bagages avant : Tubus Tara
Porte-bagages arrière : Tubus Logo
Selle : Fizik Aliante

1er juillet 2010 - Une liste exhaustive de l'équipement transbahuté

Equipement

HIGITUS FIGITUS incantait Merlin l'enchanteur. A défaut de pouvoirs magiques, un rangement méthodique me permet d'insérer tout ce barda dans mes quatre sacoches sans difficultés. Voici quelques photos plus détaillées.

Equipement - Vêtements vélo

Les vêtements portés sur le vélo.

Equipement - Accessoires vélo

Les accessoires liés au vélo

Equipement - Vêtements quotidien

Les vêtements portés à l'étape

Equipement - Accessoires quotidien

Les accessoires sortis à l'étape.

Equipement - Camping

Le matériel de camping.

6 juillet 2010 - Premières nouvelles

Je remercie toutes les personnes qui sont venues m'encourager à l'heure du départ, place Saint Corentin samedi matin.

Certains d'entre eux ont même pris l'initiative d'inviter la presse locale. Au total, six cyclos m'ont escorté sur les premiers kilomètres. La garde rapprochée a poussé jusqu'à Rosporden.

Plougoumelen, à l'Ouest de Vannes est ma première étape. Les deux soirées suivantes se passent en Mayenne, dans la famille. J'en profite pour effectuer quelques derniers réglages sur le vélo pour bien arrimer mon fauteuil.

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9 juillet 2010 - Paris réussi

enfamilleJe pars mardi 6 juillet de la maison familiale accompagné par ma maman. Nous parcourons une vingtaine de kilomètres ensemble puis mon papa et ma sœur nous rejoignent en voiture, à l'étang de Bouère où nous prenons un copieux pique-nique avant de nous séparer.

Au Mans, les parents d'une amie de la fac m'hébergent pour la nuit.

demenageursbretonsUn autre moyen de transporter son équipement.


toureiffelJeudi 8 juillet : j'arrive à Paris . Une petite pause, à l'ombre, sur l'herbe du Champ de Mars me fait le plus grand bien.

rencontre australieLe soir, je plante ma tente au camping du Bois de Boulogne, à côté de celle d'un Australien et d'une Néo-Zélandaise, avec lesquels je passe la soirée à discuter à l'aide de mon anglais scolaire.

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12 juillet 2010 - 1000 bornes

Dans la journée, je viens de passer le cap des 1000 bornes !

chterrilAprès Paris, voici le Nord de la France avec ses maisons en briques rouges et ses terrils caractéristiques.

pavesDimanche, j'effectue un petit détour pour traverser le plus mythique des secteurs pavés du Paris-Roubaix, la trouée d'Arenberg. Rien de comparable avec les pavés de la rue Kéréon à Quimper ! Afin de préserver ma monture, je n'effectue que quelques dizaines de mètres sur le haut des pavés, avant de rouler sur la bande cyclable qui les borde.

Aujourd'hui, lundi 12 juillet, c'est la route du tour des Flandres que j'ai croisée et son passage le plus sélectif, le mur de Graamont. Des passages jusqu'à 15% avec des pavés mouillés par l'orage du matin. Quelle suée pour arriver au sommet !

routes belgesLes  routes belges n'ont pas la qualité du réseau routier français. Voyez par vous-même.

sloggiHeureusement, les publicités locales redonnent du baume au cœur.

bruxellesEn fin d'après-midi, je visite le centre-ville de Bruxelles dont la célèbre fontaine du Manneken Pis.

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15 juillet 2010 - Münster

Mercredi 14 juillet, je prends mon petit-déjeuner en Belgique, mon déjeuner aux Pays-Bas et mon dîner en Allemagne. Quelle journée !

Tel Don Quichotte chevauchant Rossinante, je traverse les Pays-Bas à l'assaut des moulins.

Ce jeudi matin, l'étape du jour commence le long d'un canal. Je me retrouve aux côtés d'un cycliste qui, allant dans la même direction que moi, m'ouvre le chemin sur près de vingt kilomètres. Nous roulons à bonne allure, tout en discutant de temps en temps. Il ne me laisse continuer seul mon périple qu'une fois assuré que je sois sur la bonne route pour quitter la ville où il se rendait. Et dire que ce monsieur a plus de 70 ans !

C'est son vélo en arrière plan, avec le rétroviseur.

Une ruelle près de la gare de Münster. Ici, le vélo est roi.

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20 juillet 2010 - East Side (Hi)story

Beaucoup de kilomètres et peu de rencontres depuis Münster. Lundi, en fin de journée, je passe de l'Autre côté.

Lundi soir, pour mon premier bivouac côté Est, je trouve un lieu idéal. Une petite table en bois munie de trois bancs bien confortables. Au menu, un traditionnel riz pré-cuit sur son lit de maquereaux sauce tomate en conserve. Un régal !

De plus, pour le dessert, une traditionnelle banane sans son lit de Nutella. Le coucher de soleil ajoute une note de charme à ce lieu idyllique.

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PS : Comment s'appelle le membre pacifique des Jets qui tombe amoureux de la sœur du chef de la bande rivale, les Sharks, dans la comédie musicale West Side Story ?

21 juillet 2010 - Ich bin ein Berliner

J'arrive à Berlin mardi 20 juillet, après plus de 100 heures de selle et 2000 kilomètres parcourus depuis mon départ de Quimper. Je commence par une visite des lieux incontournables.

Cette ville est chargée d'Histoire. Une ligne pavée symbolise l'emplacement du mur qui déchira la ville en deux pendant de longues années. Étonnamment, lieux de mémoire et folklore se côtoient allègrement.

Après m'être installé dans le "Tentstation", à l'ambiance festivale des Vieilles Charrues assurée, je retourne en ville pour une visite nocturne.

Aujourd'hui mercredi 21 juillet, je profite de ma première journée de repos pour passer en revue tout mon matériel. Le vélo a le droit à un nettoyage approfondi, avec les ustensiles disponibles à la station de lavage. Le linge fait un tour dans la machine. Avec la lessive Plouf, it's smell like a flower. Et le reste de la journée est consacré à la découverte de la ville, avec une visite du Mauermuseum.

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22 juillet 2010 - Demain, j'enlève le haut.

23 juillet 2010 - Demain, j'enlève le bas.

24 juillet 2010 - Grain de selle, l'afficheur qui tient ses promesses.

Quel style pour assurer les cours d'aquagym à la rentrée !

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26 juillet 2010 - I'm singing in the rain

Je passe la frontière polonaise jeudi en fin d'après-midi. Depuis, je traverse ce pays au pas de charge pour atteindre l'enclave de Kaliningrad le 27 juillet. L'etat des routes, les bourrasques de vent et les sempiternelles averses ne me facilitent pas la tâche.

J'utilise les nombreux abris-bus pour me réfugier lors des pauses.

Aujourd'hui, lundi 26 juillet, je visite la forteresse de Malbrock, une des plus grandes d'Europe.

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29 juillet 2010 - Speedy et Gonzales

Quelques kilomètres avant la frontière russe, je rencontre deux cyclos-voyageurs, l'un suisse, l'autre allemand, qui vont ensemble de Gdansk à Riga. Ils roulent à vive allure vers Kaliningrad où ils ont réservé leur chambre d'hôtel. Je les suis et prends une chambre dans le même hôtel. Nous mangeons un énorme steack dans un restaurant du centre ville. Autant mon entraînement cycliste m'a permis de les suivre, autant leur entraînement germanique pour la troisième mi-temps est bien supérieur au mien mais il fallait bien goûter à la spécialité locale, la Vodka ! Le réveil sera difficile ! Le lendemain, nous nous séparons en fin d'après-midi, leur visa expirant le jour même. Peut-être nous reverrons-nous à Riga dans quelques jours.

Je longe un isthme sur près de 100 kilomètres. En cet fin de mercredi après-midi, je me repose sur le sable fin et je contemple les baigneurs russes qui bravent le froid et le vent pour jouer dans les vagues. Un bain de pied me suffit.

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30 juillet 2010 - Des pâtes, des pâtes, oui mais en caravane.

Une voie cyclable traverse l'intégralité de la partie lituanienne de l'isthme. Je me promène entre les pins et les petits villages.

Ce jeudi 29 juillet, je m'installe au camping de Klaipeda. Pour la première fois depuis que je ne suis plus en France, je discute avec un couple de Français. Une heure plus tard, nous mangeons ensemble dans leur caravane de VRAIES pâtes, avec sel, sauce tomate et gruyère râpé. Un régal, 

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1er août 2010 - Le bivouac idéal

Depuis Klaipeda, je longe la côte baltique jusqu'à Liepaja, en Lettonie. C'est au nord de cette ville que je trouve un lieu exceptionnel. Je m'installe au sommet d'une dune qui surplombe une plage déserte.

Le coucher de soleil embrase le ciel. Voilà qui m'apaise. Je m'endors, bercé par le clapotement des vagues.

2 août 2010 - Mini, mini, mini

Après une étape marathon de 242,195 kilomètres, j'arrive de nuit, samedi 31 juillet, au centre ville de Riga. La première journée ensoleillée depuis neuf jours, un vent favorable, et une unique route reliant Liepaja, sur la côte baltique, à Riga, la capitale de la Lettonie, m'ont donné l'envie de pédaler aussi longtemps.

Cependant, je me retrouve à Riga un jour avant ma réservation pour l'auberge de jeunesse. Après un bivouac idéal, me voici pour cette nuit, à somnoler sur un banc, dans un parc proche du centre ville. Je reste deux jours dans cette ville.

Ici, la taille des jupes est proportionnelle à la taille du pays. Avec 64 000 km², la Lettonie est près de dix fois plus petite que la France.

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4 août 2010 - Les fameuses recettes de Tony from France

LES PATES PRE-CUITES

PRÉPARATION : 3 minutes

CUISSON : 5 minutes

DIFFICULTÉ : 2/5

MATÉRIEL ET INGRÉDIENTS :

Un réchaud, une popote, un briquet, une fourchette, un paquet de pâtes pré-cuites et de l'eau.

PROGRESSION :

Verser l'eau dans la popote puis porter à ébullition sur le réchaud.

Préparer les pâtes en incorporant délicatement les différentes poudres fournies par le fabricant.

Verser l'eau chaude dans le récipient des pâtes. touiller de temps en temps. Cinq minutes plus tard, c'est prêt !

Important : ce plat insipide, repas de base du cyclo-voyageur, nécessite d'être savouré dans un lieu exceptionnel, comme une dune surplombant une plage déserte avec un magnifique coucher de soleil.

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5 août 2010 - En route vers Tallinn

Ici, il y a peu de routes. Je me retrouve rapidement sur les routes principales. Voici donc le panneau que je trouve quelques kilomètres après la sortie de Riga. J'essaie autant que possible de quitter cet axe principal quand une route parallèle se présente.

Sur la côte, je rencontre cet étrange véhicule. Un autre moyen de locomotion pour un autre projet. Leurs propriétaires réalisent un tour du monde commencé le 17 décembre 2009.

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7 août (jour le plus savant de l'année:-) 2010 - It's fun to stay at the Y...

J'arrive à Tallinn, capitale de l'Estonie, jeudi 5 août, dans l'après-midi. La vieille ville, entièrement pavée, est très touristique. Pour la première fois depuis que j'ai quitté l'Allemagne, l'office du tourisme dispose de documents en français.

A la sortie du supermarché, je discute avec un couple de Français. Lui, pratique le VTT. C'est reposant de ne pas devoir chercher ses mots pour discuter.

Je reste deux nuits dans une auberge de jeunesse, au cœur de la vieille ville. Avec toutes les commodités à portée de main, j'en profite pour me préparer des repas gargantuesques. Vendredi soir, pour le dîner, j'avale un délicieux mélange de tomates-mozzarella en entrée, j'engloutis 250g de pâtes accompagnées de 400g de viande hachée pour plat principal puis j'avale un yaourt au format local avant de conclure par une pomme pour dessert. 

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8 août 2010 - Les fameuses recettes de Tony from France 2

LA TARTINE DE NUTELLA

PRÉPARATION : 2 minutes

CUISSON : -

DIFFICULTÉ : 1/5

MATÉRIEL ET INGRÉDIENTS :

Une GRANDE cuillère, un couteau, un pot de Nutella, bon pour penser et se dépenser, et un petit pain.

PROGRESSION :

Couper le petit pain en deux, dans le sens de la longueur, pour obtenir deux tartines.

Étaler la pâte à tartiner à l'aide de la GRANDE cuillère sur la tartine. J'ai entendu dire que cela serait également possible avec une petite cuillère, voire même un couteau. Balivernes ! Recommencer l'opération jusqu'à ce qu'il devienne impossible de déposer une nouvelle couche de Nutella sans que cela déborde de chaque côté.

Croquer à pleines dents dans votre tartine. Profitez de l'instant, vous vous nettoierez les babines plus tard.

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10 août 2010 - Merci pour votre accueil

50 kilomètres à l'Est de Tallinn, je m'arrête chez Raivo. Nous nous sommes rencontrés au camping de Klaipeda. Il m'avait donné son numéro de téléphone car il avait remarqué que mon parcours passait juste devant sa maison. Me voici donc invité pour la nuit dans une magnifique maison au milieu de la forêt estonienne. En fin d'après-midi, nous allons en voiture prendre un bain dans la mer Baltique, puis nous faisons une petite partie de pêche dans l'un des nombreux étangs de la région. Le barbecue qui suit est délicieux, et mon entraînement pour la Vodka porte ses fruits. Nous terminons la soirée en écoutant de la musique. Raivo est un fan de rock.

Le lendemain matin, un copieux petit-déjeuner m'attend sur la table. Tomates et concombre du potager, confiture de baies du jardin, gâteau fait maison, je me régale.

Merci pour votre accueil.

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11 août 2010 - La dernière frontière

Lundi 9 août 2010, comme je l'avais prévu pour l'obtention du visa, je passe la dernière frontière du voyage. Un tampon supplémentaire sur le passeport et me voici maintenant en Russie.

Pour ma première nuit en Russie, j'installe ma tente dans un champ, à l'abri derrière un bosquet. Une nouvelle fois, je contemple le coucher du soleil avant une bonne nuit de sommeil afin de récupérer des efforts fournis ces deux derniers jours pour lutter contre le vent .

Arrivé à Saint-Saint-Pétersbourg ce mardi midi, je me restaure dans le premier restaurant trouvé. Saurez-vous deviner duquel il s'agit ?

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12 août 2010 - Санкт-Петеьург (Saint-Petersbourg)

Le 10 août, j'arrive dans Saint-Pétersbourg. Je m'installe quelques instants sur un banc, face à la cathédrale Saint-Isaac.

Pas de doute, je suis bien en Russie. Les perspectives sont impressionnantes. En arrière plan, la cathédrale Saint-Sauveur et son architecture caractéristique de cette région du globe. Venise du Nord, j'ai préféré l'originale malgré la brume et la pluie, il y a 4 ans  lors d'un autre voyage à vélo.

Le palais d'Hiver était la résidence du Tsar de l'automne au printemps. Les bâtiments sont tous plus monumentaux les uns que les autres.

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19 août 2010 - Vers Novgorod

Une seule et unique route relie Saint-Pétersbourg à Moscou, la M10. Je me fais le plus discret possible sur le bord de la route. Je rode ma technique pour éviter de me retrouver sur les bas-côtés à cause de chauffeurs de camion indélicats. 

Tel un routier, je me désaltère dans les stations-essence ou dans les nombreux КАФЕ qui bordent la M10.

Peu avant Novgorod,je me repose au bord d un étang où de nombreux enfants se baignent. Trois jeunes viennent s'installer près de moi. СЕРГЕЙ (Serguei), le plus volubile d'entre-eux, me propose une bière et des gâteaux apéritifs aux calamars. Nous discutons comme nous le pouvons. Il parle en Russe, je réponds au hasard. J'écris ou je dessine sur le sol pour me faire comprendre.

A Novgorod, je trouve un emplacement pour la nuit, loin du vacarme de la M10, au bord d'un petit cours d'eau dans lequel se reflète le coucher du soleil.

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21 août 2010 - La derniere ligne droite

Lundi 16 août, je décide de quitter la route principale et ses interminables lignes droites, pour emprunter une route moins fréquentée. Cette dernière me fait réaliser un détour de plus de soixante kilomètres. Les distances n'ont rien à voir avec la France. Deux villes voisines peuvent être séparées de plus d'une centaine  de kilomètres. Si l'état de la chaussée de la M10 laisse à désirer, celui des routes secondaires est encore plus dégradé ... quand il reste un revêtement !

Plus je m'avance dans les terres, plus il fait chaud. Le thermomètre indique jusqu'à 38 degrés à l'ombre, un autre en plein soleil dépasse les 45 degrés. Pour ne pas me déshydrater, je consomme presque autant que mon ancien Combi VW, 10L aux 100km. Je profite de la fraîcheur des nombreux lacs et étangs ainsi que de l'ombre des arbres pour me rafraîchir.

Dans les villages traversés, toutes les maisons ont une architecture commune. La majorité d'entre elles tiennent encore debout par on ne sait quel miracle, mais certaines sont entretenues et décorées avec soin. Par contre, il n'y a pas d'eau courante, chacun se déplace pour aller chercher l'eau à la pompe manuelle du village.

Pas de camping ni d'hôtel dans la campagne russe. Pendant une semaine, tous les soirs, je déniche un petit coin à l'abri des regards indiscrets dans un champ d'herbes folles. Ma tenue de combat anti-moustique est efficace. Je dénombre plus de pertes dans leurs effectifs que de piqures sur ma peau. Je n'ose pas me ravitailler en eau à la pompe d'un village. Je me lave donc à l'eau minérale. Par trois fois, je ne trouve que de l'eau pétillante. D'une efficacité redoutable pour la douche, plus besoin de frotter, il n'y a qu'à laisser agir.

Mercredi 18 août, je m'arrête pour manger dans une petite gargote au bord de la route. Robert, d'origine arménienne, m'offre le thé et je partage son repas. Ensuite, il me montre son activité principale. Des poissons bougent dans une baignoire au fond du jardin. Il les vident et les fument dans son atelier. Puis il me fait visiter sa maison, en construction. Sur son téléphone portable, il me montre des photos de ses enfants. Non, je ne suis pas intéressé par sa fille aînée. C'est que je me marie dans 10 jours, maintenant. A 13 heures, il veut déjà que je reste pour dormir, mais je ne fais que commencer ma journée de vélo.

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22 août 2010 - Heureux qui, comme Ulysse ...

Jeudi 19 août, après une vingtaine de kilomètres sur une pénétrante aux voies de plus en plus nombreuses, je me rapproche inexorablement du cœur de Moscou. Après 48 jours et plus de 4800 kilomètres de voyage à vélo, je tombe sur ce panneau à l'entrée de la Place Rouge dans le cercle rouge, tout a gauche sur la photo). Et devant moi, un policier incite au respect des règles.Quel comble pour un cyclo-voyageur ! Après tous ces kilomètres, me voilà obligé de descendre de vélo. Je ne roulerai pas sur la Place Rouge ! J'effectue donc les derniers mètres de mon voyage, à pied, le vélo à la main. Cette place est majestueuse.

A l'extrémité de la Place Rouge, le sentiment du devoir accompli, je m'assoie face à la cathédrale Basile le Bienheureux, pour savourer l'instant. Que de chemin parcouru depuis la Place Saint-Corentin à Quimper !

28 août 2010 - Ils se marièrent et ...

Quatre jours après mon retour à Quimper, une autre aventure commence.

Comme dans les contes pour enfants, toutes les belles histoires ont une fin. Ils se marièrent et ...

FIN